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Actuellement Project Manager du Colne Valley Viaduct, pouvez-vous nous détailler votre rôle au sein du projet HS2 et le parcours qui vous a mené jusqu’au Royaume-Uni ?
Clément Chasset (CC) / J’ai effectué une grande partie de ma carrière à l’international. D’abord en Pologne puis en Côte d’Ivoire, je suis arrivé en Angleterre il y a sept ans. J’ai contribué à des projets comme Hinkley Point C en tant que responsable de l’installation des centrales à béton.

Cela fait désormais cinq ans que je travaille pour le projet HS2 au sein de la joint-venture Align, un groupement composé de Bouygues Travaux Publics, Sir Robert McAlpine et VolkerFitzpatrick, en charge de la réalisation du tronçon C1 (Central 1) de la future ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Londres à Birmingham (HS2 phase 1). Lors de la première étape, qui correspond au développement de la conception du projet et à la réalisation des travaux préparatoires, j’ai d’abord eu des missions diverses de production comme le lancement de la campagne géotechnique, qui comprend investigations et analyses, et le développement des premières séquences de terrassement. Alors qu’on se rapprochait du lancement des travaux d’exécution (phase 2), je me suis concentré sur la réalisation du viaduc de la Colne Valley. J’interviens désormais en qualité de Project Manager de l’infrastructure de ce viaduc de 3,4 kilomètres de long. Concrètement, cela comprend les travaux de réalisation des voies d’accès temporaire terrestres de l’estacade – le pont provisoire – afin de traverser lacs et rivières, et des batardeaux provisoires. Ces batardeaux permettent de réaliser une partie de l’ouvrage sous le niveau d’eau, tels que les pieux ainsi que les fondations. Je suis aussi responsable de la construction d’ouvrages permanents comme les pieux, les fondations, les piles et les culées. Mes missions s’arrêtent aux appuis du pont !
Plus long viaduc ferroviaire du Royaume-Uni, le viaduc de Colne Valley semble unique. Quelles en sont les spécificités ?
CC / L’une des particularités du viaduc consiste à construire des « V piers » aussi appelées « Arch Form Deck », c’est-à-dire des piles en forme d’arches. La courbe de ces piles rappellerait le ricochet d’une pierre dans l’eau… Au-delà de ce clin d’œil architectural bien poétique, ces piles sont une des rares parties visibles du viaduc. Il s’agit véritablement de la signature visuelle de la première phase d’HS2.

Une autre spécificité du projet est la multiplicité de contraintes. Pour la plupart liées à la réalisation de l’infrastructure, tant en phase de conception de travaux, elles concernent notamment l’écologie ou les parties prenantes comme la population locale.

Le tronçon C1 s’inscrit également dans une zone protégée. En effet, la partie tunnel est située dans les Chiltern qui sont une Aera of Outstanding Natural Beauty (AONB), autrement dit un espace protégé et reconnu pour la beauté de ses paysages – comme un parc départemental. La Colne Valley où nous construisons le viaduc est quant à elle reconnue comme un site d’intérêt scientifique particulier, un espace protégé où une réglementation spécifique s’applique et a un impact direct sur la réalisation des travaux. Les équipes de Production et les responsables Environnement travaillent en étroite collaboration avec Natural England, un organisme qui veille à la préservation de la faune et de la flore. L’impact des travaux sur les espèces locales et les riverains est mesuré au quotidien afin d’adapter nos travaux si besoin et faire de ce projet un projet responsable, respectueux de l’environnement dans lequel il s’intègre.

Enfin, les équipes qui réalisent ce viaduc doivent faire face à un enjeu technique : le viaduc devra supporter le passage et le freinage d’urgence de trains à grande vitesse. Ces trains, qui représentent 65 000 m3 de béton et 10 000 tonnes d’acier, roulent à une vitesse de 380 km/h.

Nous sommes également confrontés au défi technique des charges du viaduc afin que celui-ci puisse supporter le passage et le freinage d’urgence de trains à grande vitesse circulant à une vitesse de 380 km/h.
Comment le viaduc est-il construit par nos équipes ?
CC / Le viaduc est composé au total de 56 piles et 292 pieux. Il y a sous chaque pile entre 4 et 6 pieux enfoncés dans le sol, jusqu’à 55 mètres de profondeur pour certains et à l’abri grâce à un batardeau. Celui-ci sert à retenir les terrains lors du terrassement et à éviter les remontées d’eaux – la nappe phréatique est assez haute dans la région. Finalement, chacun de ces groupes de pieux en béton soutiendra les piles, qui elles-mêmes porteront la structure du pont, un tablier en béton.

Le tablier principal du viaduc est composé de 1 000 voussoirs préfabriqués dans une usine temporaire située à proximité sur les installations de chantier. La construction se fait depuis la culée nord. Les voussoirs, dont la masse unitaire est d’une centaine de tonnes, sont amenés au fur et à mesure par des SPMT – des remorques modulaires autopropulsées – sous la poutre de lancement et, une fois arrivés à leur emplacement définitif, sont fixés et jointoyés pour former un fléau complet.


Les prochaines étapes de ce chantier exceptionnel

La construction de l’estacade, le pont provisoire donnant sur les lacs de la Colne Valley, est en bonne voie, tout comme les travaux des premières piles au nord. Rendez-vous en mars 2022 pour les travaux sur les piles en forme d’arches !

Vous voulez en savoir plus ?

Clément vous dit tout dans cette vidéo !  

Et plus de détails sur la construction par ici.
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